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Thèse de doctorat, sur « Le Sénégal, les Sénégalais et l’Internet »

 

Thomas GUIGNARD, membre de notre réseau, a brillamment défendu sa thèse de doctorat en Sciences de l’information et de la communication, vendredi le 26 octobre 2007, à l’Université Charles de Gaulle Lille 3. Il a obtenu la mention très honorable avec félicitations du jury à l’unanimité. Son travail portait sur : "Le Sénégal, les Sénégalais et l’Internet. Médias et identité"

La thèse est en ligne sur le site d’Africa’NTI.

Voici le résumé de l’auteur :

Afin de nous extraire du prisme technique dans lequel tendent à nous enfermer les travaux et discours liés au développement d’internet en Afrique, nous avons retenu la sociologie des médias comme un champ théorique particulièrement pertinent pour nos travaux. Suivant cette logique, nous avons fait l’hypothèse que les théories de l’internationalisation des médias dans le Tiers Monde, de la globalisation culturelle et de l’espace public constituaient un cadre d’analyse opératoire pour problématiser et sociologiser la relation entre médias et identité qui structure nos travaux.

La confrontation des controverses théoriques qui animent ces courants avec l’espace public sénégalais nous est apparue comme une étape nécessaire pour cerner les recompositions nouvelles apportées par internet autour de la relation médias et identité. Fort de ce cadre d’analyse, nous avons ainsi pu mettre en lumière, en analysant les « non‐dits » des discours sur la fracture numérique, la rémanence d’une vision ethnocentrique, messianique et industrielle qui caractérisait la sociologie de la modernisation. Les travaux de l’économie politique critique apparaissent également comme un prisme pertinent pour décrire les logiques de domination et de pouvoir qui traversent le web sénégalais. En retravaillant les concepts d’« échange inégal » et de « violence symbolique », nos analyses tendent à montrer que le web favorise l’intégration des internautes sénégalais dans un « système symbolique occidental » saturé par le marketing. Néanmoins, ces regards critiques soulignant le danger d’aliénation et la domination nécessitent d’être nuancés, faute d’en rester à une vision unilatéralement négative et alarmiste. L’analyse du « contexte de connexion » montre que l’influence d’internet sur la société sénégalaise demeure encore très limitée et conditionnelle. Les obstacles structurels et socio‐culturels sont autant de facteurs « immunisant » le Sénégal contre la « colonisation » des esprits évoquée par certains chercheurs. Enfin, à travers l’étude des « migrants connectés », c’est toute une autre dimension alternative à la domination, transcendant l’espace physique et les représentations classiques de la relation entre médias et identité que nous envisageons. Détachée des espaces nationaux, l’information sénégalaise en ligne est caractérisée par une multipolarisation de la réception et de la production, redessinant ainsi les « frontières » de l’espace médiatique sénégalais. L’explosion et la fragmentation de l’offre observées nous conduisent aussi vers d’autres problématiques : l’individualisation des usages et la segmentation de l’espace public.

Mots‐clés : internet, Sénégalais, médias, identité, migrants

Abstract

For our purpose, we adopted media sociology as a particularly pertinent theoretical field in order to avoid the technical prism which tends to ensnare works and discourses related to the development of the internet in Africa. Following this logic, we made the assumption that the theories of media, internalization in developing countries, of the globalization of culture and of the public space constitute a convenient analytical framework to study the link between media and identity under a sociological light, which constitutes the base of this work. T