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Appel à communication : "Les TIC en Inde", (numéro spécial Netcom)

 

Les TIC en Inde

Numéro special Netcom prévu en 2010

Sous la direction de C. Didelon & B. Ripert

clarisse.didelon@univ-lehavre.fr

ripert@ehess.fr

Pendant de longues décennies l’Inde était peu ou prou absente dans les médias du monde occidental. Elle y occupe depuis quelques années une place de choix, notamment dans le domaine des TIC qui contraste avec l’image d’un pays « sous-développé » qui lui est souvent associée. De fait, à partir des années 1990 et de l’ouverture de son économie l’Inde a su transformer un réseau de télécommunication obsolète, défaillant et limité. Elle l’a modernisé et l’a rendu accessible à un plus grand nombre. L’émergence d’opérateurs privés dans le secteur de la téléphonie mobile et d’Internet a largement contribué à cette évolution. La densification du réseau dans les villes, sa diffusion dans les campagnes ont participé à la diversification des pratiques de télécommunication. Le secteur du logiciel contribue largement à dynamiser l’économie indienne et un grand nombre d’informaticiens anglophones sont formés chaque année dans les instituts indiens. Ces succès ont été bien relayés par la presse, nationale et internationale, en exagérant parfois leur portée et en ne retenant que les projets les plus spectaculaires, sans toujours attendre de pouvoir en évaluer les impacts réels. Cet engouement est certes révélateur d’un contexte mondial d’euphorie autour de la bulle Internet, même s’il a perduré en Inde au-delà de son éclatement.

Dresser un état des lieux aujourd’hui permettrait de prendre la réelle mesure de ce que les TIC ont transformé en Inde. C’est ce que ce numéro spécial de NETCOM sur l’Inde se propose de faire en rassemblant des contributions d’auteurs francophones et anglophones dont les recherches abordent les thèmes suivants :

L’Inde a récemment fondé ses espoirs de développement économique sur l’industrie du logiciel et sur les centres d’appels. Mais a-t-elle les moyens d’être autre chose qu’un sous-traitant des pays riches qui viennent y chercher une main d’œuvre bon marché ?. L’élévation du niveau de rémunération des informaticiens indiens ne va-t-elle pas remettre en cause l’avantage concurrentiel dont elle jouissait jusqu’à présent ? Et peut-elle compter sur ce secteur pour former un tissu économique viable sur lequel pourrait s’appuyer des activités durables ?

Que deviennent les cohortes d’informaticiens indiens qui émigrent dans les pays riches (États-unis, Canada, Australie, Allemagne) à la recherche de meilleurs salaires et de meilleures opportunités de carrière ? Leur départ ne représente-t-il pas un manque à gagner pour l’Inde ? Quels sont leurs liens avec leur pays natal ? Les réseaux qu’ils se tissent à l’étranger peuvent-ils réellement être utiles à l’Inde ?

Où en sont les projets qui faisaient la une de la presse occidentale sur les villages ruraux les plus reculés connectés à Internet ? Sur les pêcheurs du Kerala à la pointe de la technologie ? Où sont « les ordinateurs du pauvre » ? Ces projets sont-ils des phantasmes de la «  science action », des stratégies d’opérateurs de télécommunication ? Est-ce que certains ont eu un impact avéré et ont-ils contribué à réduire la fameuse fracture numérique, tant au point de vue social que spatial ?

Quels ont été les rythmes et les formes spatiales de la diffusion des différents réseaux techniques (téléphone fixe, mobile, Internet, haut débit etc…). Quels sont, le cas échéant, les recompositions spatiales que l’on peut imputer à la diffusion des ces réseaux à l’échelle du pays  ? Comment les TIC et les industries liées contribuent-elles à la recomposition du tissu urbain.

Quelles sont les politiques publiques mises en place aux différents niveaux et sont-elles complémentaires, concurrentes, contradictoires ?

Les pratiques qui ont émergé dans les différents segments de la société indienne sont-elles des pratiques classiques, observables dans des milieux socio-économiques similaires dans d’autres pays du monde. Ou bien est-ce que certains membres de la population mettent en place un usage original des TIC ? Si oui, quels en sont les tenants et les aboutissants.

Ces propositions ne sont pas exhaustives et d’autres thèmes peuvent être proposés s’ils entrent dans le cadre des TIC en Inde. Les articles soumis à évaluation devront être en anglais ou en français et suivre les recommandations faites aux auteurs sur le site de la revue NETCOM : http://recherche.univ-montp3.fr/mambo/netcom_labs/

La date limite de soumission des articles est le 15 décembre 2008. Les articles doivent être envoyés directement à NETCOM : bernard.corminboeuf@ums-riate.fr